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8 min

Stakeholder : définition et rôle des parties prenantes

Un stakeholder est une personne, un groupe ou une organisation qui peut influencer l’activité d’une entreprise ou être affecté par ses décisions. En français, le terme se traduit par partie prenante. Les stakeholders comprennent notamment les actionnaires, salariés, dirigeants, clients, fournisseurs, banques, investisseurs, partenaires ou pouvoirs publics.

La notion est donc plus large que celle de shareholder, qui désigne uniquement un actionnaire. Identifier les différentes parties prenantes permet à l’entreprise de mieux anticiper leurs attentes, leurs contraintes et leur influence sur sa stratégie.

En résumé :

  • Un stakeholder est une partie prenante susceptible d’influencer l’entreprise ou d’être affectée par son activité.
  • Les stakeholders peuvent être internes, comme les salariés et dirigeants, ou externes, comme les clients, fournisseurs et banques.
  • Un actionnaire est un stakeholder, mais tous les stakeholders ne sont pas actionnaires.
  • Leur influence dépend notamment de leur pouvoir de décision, de leur niveau d’intérêt et de leur capacité à affecter l’entreprise.
  • Une bonne gouvernance cherche à arbitrer des intérêts parfois divergents sans perdre de vue la stratégie et la création de valeur à long terme.

Qu’est-ce qu’un stakeholder ?

Un stakeholder désigne tout acteur possédant un intérêt direct ou indirect dans l’activité d’une entreprise.

Cet intérêt n’est pas nécessairement financier.

Un salarié dépend de l’entreprise pour son emploi et sa rémunération. Un fournisseur dépend des commandes qui lui sont passées. Une banque s’intéresse à la capacité de l’entreprise à rembourser ses emprunts. Un client attend un produit ou un service conforme à ses besoins. Un actionnaire recherche notamment une création de valeur sur son investissement.

Tous sont des stakeholders, mais leurs attentes sont différentes.

La notion permet donc de regarder l’entreprise comme un écosystème de relations, plutôt que comme une organisation fonctionnant uniquement au bénéfice de ses actionnaires.

Que signifie stakeholder en français ?

Le mot anglais stakeholder se traduit généralement par partie prenante.

Le terme stake peut ici être compris comme un intérêt, un enjeu ou une implication dans l’entreprise. Un stakeholder possède donc quelque chose à gagner, à perdre ou à défendre en fonction des décisions prises par celle-ci.

La traduction « partie prenante » est importante car elle évite une confusion fréquente avec le terme anglais shareholder.

  • Stakeholder = partie prenante
  • Shareholder = actionnaire

Les deux notions peuvent se recouper, mais ne sont pas synonymes.

Qu’est-ce qu’une partie prenante ?

Une partie prenante est un acteur dont les intérêts sont liés, à des degrés variables, au fonctionnement ou aux décisions de l’entreprise.

Cette relation peut prendre plusieurs formes.

Partie prenanteCe qu’elle attend principalementCe qu’elle apporte à l’entreprise
ActionnaireCréation de valeur, dividendes, gouvernanceCapitaux propres
SalariéRémunération, stabilité, perspectivesCompétences et travail
ClientQualité, prix, fiabilitéChiffre d’affaires
FournisseurCommandes, paiement, relation durableProduits et services
BanqueRemboursement et maîtrise du risqueFinancement
Pouvoirs publicsRespect des règles et obligationsCadre juridique et infrastructures

Une même décision peut donc être perçue très différemment selon la partie prenante concernée.

Une entreprise qui ferme une usine déficitaire peut, par exemple, améliorer sa rentabilité et satisfaire certains actionnaires tout en affectant fortement les salariés, fournisseurs locaux et collectivités concernés.

Bon à savoir

:
Être une partie prenante ne signifie pas nécessairement disposer d’un pouvoir de décision juridique dans l’entreprise. Un client majeur ou un fournisseur stratégique peut exercer une influence très forte sans détenir une seule action.

Quels sont les différents types de stakeholders ?

La distinction la plus simple consiste à séparer les stakeholders internes des stakeholders externes.

Les premiers participent directement au fonctionnement ou à la propriété de l’entreprise. Les seconds évoluent à l’extérieur de l’organisation mais entretiennent avec elle une relation économique, financière, réglementaire ou sociale.

Les stakeholders internes

Les parties prenantes internes sont directement intégrées à l’organisation ou à son capital.

On retrouve principalement :

  • les actionnaires ;
  • les dirigeants ;
  • les salariés ;
  • certains représentants du personnel ;
  • selon les structures, les membres d’organes de gouvernance.

Leurs intérêts ne sont pas nécessairement alignés.

Un actionnaire peut souhaiter augmenter la rentabilité et accélérer la distribution de dividendes. La direction peut préférer conserver davantage de trésorerie pour financer une acquisition. Les salariés peuvent privilégier une augmentation des rémunérations ou des investissements améliorant leurs conditions de travail.

La gouvernance doit donc arbitrer entre plusieurs priorités.

Ces différences deviennent particulièrement visibles lorsqu’un investisseur en capital-investissement entre au capital. Les actionnaires historiques, le fonds, les dirigeants et le management doivent alors définir des objectifs communs, des règles de gouvernance et un horizon de création de valeur.

Les stakeholders externes

Les parties prenantes externes ne font pas directement partie de l’organisation, mais leurs décisions peuvent influencer fortement ses résultats.

Elles comprennent notamment :

  • les clients ;
  • les fournisseurs ;
  • les banques ;
  • les assureurs ;
  • les partenaires commerciaux ;
  • les administrations ;
  • les autorités de régulation ;
  • les collectivités ;
  • certains acteurs locaux.

Toutes ne possèdent pas le même niveau d’influence.

Un fournisseur facilement remplaçable ne présente pas le même enjeu qu’un partenaire détenant une technologie indispensable à la production.

De même, un client représentant 2 % du chiffre d’affaires n’a pas le même poids économique qu’un donneur d’ordre représentant 40 % des ventes.

Le statut de stakeholder est donc une première information. Pour prendre une décision, l’entreprise doit ensuite déterminer le poids réel de chaque partie prenante.

Qui sont les principales parties prenantes d’une entreprise ?

La liste des stakeholders varie selon le secteur, la taille de l’entreprise, son modèle économique et sa structure de financement.

Une PME industrielle fortement endettée n’aura pas exactement les mêmes parties prenantes critiques qu’un éditeur de logiciels financé essentiellement par ses actionnaires.

Les actionnaires et investisseurs

Les actionnaires apportent des capitaux à l’entreprise en contrepartie d’une participation dans son capital.

Leurs attentes peuvent porter sur :

  • l’évolution de la valeur de l’entreprise ;
  • les dividendes ;
  • la stratégie ;
  • la gouvernance ;
  • le niveau de risque ;
  • les modalités de sortie de leur investissement.

Il faut néanmoins éviter de considérer tous les actionnaires comme un groupe homogène.

Un fondateur souhaitant transmettre son entreprise à ses enfants, un fonds d’investissement visant une sortie dans plusieurs années et un investisseur minoritaire peuvent poursuivre des objectifs très différents.

Leurs droits diffèrent également en fonction de leur niveau de participation, des statuts et des éventuels pactes d’actionnaires.

Les dirigeants et salariés

Les dirigeants constituent une partie prenante particulière puisqu’ils prennent une grande partie des décisions permettant d’arbitrer entre les attentes des autres stakeholders.

Ils doivent simultanément gérer les attentes des actionnaires, des équipes, des clients, des prêteurs et des partenaires.

Les salariés possèdent quant à eux un intérêt direct dans la pérennité de l’entreprise.

Leurs préoccupations peuvent porter sur :

  • l’emploi ;
  • les rémunérations ;
  • l’évolution professionnelle ;
  • les conditions de travail ;
  • l’organisation ;
  • les transformations de l’entreprise.

Les salariés ne constituent pas des actifs du patrimoine d’entreprise au sens juridique ou comptable. Leur capital humain, leurs compétences et leur connaissance de l’organisation peuvent néanmoins être déterminants pour la performance et la valeur de la société.

Cette distinction est particulièrement importante dans les entreprises dont la valeur repose largement sur les équipes, la technologie ou les relations commerciales.

Les clients et fournisseurs

Les clients permettent à l’entreprise de transformer son offre en chiffre d’affaires.

Leur influence dépend notamment :

  • de leur poids dans les ventes ;
  • de leur capacité à changer de fournisseur ;
  • de la durée des contrats ;
  • de la récurrence des revenus ;
  • de leur importance stratégique.

Une entreprise réalisant 50 % de son chiffre d’affaires avec un seul client est très dépendante de cette partie prenante.

Une décision prise par ce client peut avoir un impact immédiat sur les résultats, la trésorerie et éventuellement la valeur de l’entreprise.

La même logique s’applique aux fournisseurs.

Un fournisseur stratégique peut devenir une partie prenante critique lorsqu’il détient un brevet indispensable, fournit une matière première difficile à remplacer ou représente une étape essentielle du processus de production.

La relation ne doit donc pas être analysée uniquement à travers le montant des achats ou des ventes : le niveau de dépendance compte autant que le volume économique.

Bon à savoir

:
La concentration constitue un bon indicateur du pouvoir d’une partie prenante. Plus une entreprise dépend fortement d’un client, d’un fournisseur ou d’un financeur unique, plus celui-ci peut influencer ses décisions.

Les banques, partenaires et pouvoirs publics

Les banques deviennent des stakeholders importantes dès lors qu’elles financent l’activité.

Elles s’intéressent notamment :

  • à la trésorerie ;
  • au niveau d’endettement ;
  • à la rentabilité ;
  • à la capacité de remboursement ;
  • au respect des éventuels covenants financiers.

Une société très peu endettée sera moins dépendante de ses prêteurs qu’une entreprise dont le développement repose largement sur le financement bancaire.

Les partenaires commerciaux ou technologiques peuvent également jouer un rôle structurant lorsqu’une partie de l’activité dépend de leur collaboration.

Enfin, les pouvoirs publics et autorités compétentes influencent l’entreprise à travers les règles fiscales, sociales, environnementales ou sectorielles auxquelles elle est soumise.

Le poids de cette partie prenante varie fortement selon l’activité. Une entreprise opérant dans un secteur très réglementé y sera beaucoup plus sensible qu’une société évoluant sur un marché peu encadré.

Quelle différence entre stakeholder et shareholder ?

La différence entre stakeholder et shareholder repose principalement sur l'étendue du lien avec l’entreprise.

Le shareholder possède une partie du capital.

Le stakeholder possède un intérêt lié à l’entreprise, qu’il soit financier, professionnel, commercial ou institutionnel.

CritèreShareholderStakeholder
TraductionActionnairePartie prenante
Possède des actionsOuiPas nécessairement
Intérêt financier directOuiVariable
Peut être salariéSeulement s’il possède aussi des titresOui
Peut être client ou fournisseurPas à ce seul titreOui
PérimètreRestreintTrès large

Cette distinction permet de mieux comprendre pourquoi une décision favorable aux actionnaires à court terme n’est pas automatiquement favorable à l’ensemble des parties prenantes.

Le shareholder : l’actionnaire

Un shareholder est une personne physique ou morale qui détient des actions d’une société.

Il possède donc une partie du capital et bénéficie des droits attachés à ses titres selon la structure juridique de l’entreprise et les règles applicables.

Ces droits peuvent notamment concerner :

  • le vote ;
  • les dividendes ;
  • l’information ;
  • la participation à certaines décisions ;
  • le produit d’une éventuelle cession.

Un actionnaire peut être fondateur, dirigeant, investisseur financier, holding familiale, salarié ou fonds d’investissement.

Son statut de shareholder vient exclusivement de sa détention de capital.

Le stakeholder : une notion plus large

La notion de stakeholder englobe le shareholder.

Un actionnaire est donc à la fois :

shareholder, parce qu’il possède des actions ;

stakeholder, parce que ses intérêts sont affectés par les décisions de l’entreprise.

En revanche, un salarié sans action, un client ou une banque sont uniquement des stakeholders.

On peut représenter la relation ainsi :

Tous les shareholders sont des stakeholders, mais tous les stakeholders ne sont pas des shareholders.

Cette différence modifie la manière d’appréhender la création de valeur.

Une approche exclusivement centrée sur les shareholders observe principalement le rendement du capital apporté par les actionnaires.

Une approche par les stakeholders cherche à comprendre comment les relations avec l’ensemble des parties prenantes contribuent à la pérennité et à la performance de l’entreprise.

Pourquoi les stakeholders sont-ils importants pour une entreprise ?

La performance d’une entreprise dépend rarement de ses seuls actifs financiers ou matériels.

Elle repose aussi sur sa capacité à conserver ses salariés clés, satisfaire ses clients, sécuriser ses fournisseurs, obtenir des financements et maintenir de bonnes relations avec ses principaux partenaires.

Ignorer une partie prenante importante peut donc créer un risque opérationnel ou financier.

Prenons quelques exemples.

Le départ simultané de plusieurs managers clés peut ralentir une transformation stratégique.

La perte d’un client représentant 35 % des ventes peut dégrader brutalement le chiffre d’affaires.

La rupture d’un fournisseur unique peut interrompre la production.

Le refus d’une banque de renouveler un financement peut provoquer une tension de trésorerie.

À l’inverse, de bonnes relations avec les stakeholders peuvent devenir un facteur de création de valeur :

  • fidélisation des clients ;
  • meilleure rétention des salariés ;
  • relations fournisseurs plus solides ;
  • accès plus facile au financement ;
  • meilleure capacité à mener des projets de transformation.

Le sujet devient particulièrement visible lors d’une acquisition ou d’une cession.

Une due diligence financière ne se limite pas à vérifier les chiffres historiques : l’acquéreur cherche aussi à comprendre les risques susceptibles d’affecter la performance future, notamment certaines dépendances clients, fournisseurs ou financières.

La valeur d’une entreprise dépend donc également de la qualité et de la solidité de son écosystème de parties prenantes.

Bon à savoir

:
Une entreprise peut être rentable tout en présentant une forte fragilité liée à ses stakeholders. Un client représentant 60 % du chiffre d’affaires ou quelques salariés concentrant tout le savoir-faire constituent par exemple des dépendances susceptibles d'affecter la pérennité de la performance.

Comment identifier et cartographier les stakeholders ?

Une liste des parties prenantes ne suffit pas. Toutes ne nécessitent ni le même niveau d’attention ni la même fréquence d’échange.

La cartographie permet de les hiérarchiser selon deux critères simples :

leur pouvoir, c’est-à-dire leur capacité à influencer les décisions ou la performance ;

leur niveau d’intérêt, c’est-à-dire l’importance que les décisions de l’entreprise ont pour eux.

On obtient alors quatre grandes catégories.

Pouvoir / intérêtNiveau d’intérêt faibleNiveau d’intérêt élevé
Pouvoir élevéMaintenir satisfaitImpliquer étroitement
Pouvoir faibleSurveillerInformer régulièrement

Prenons une entreprise industrielle.

Une banque fournissant 70 % des financements possède un pouvoir important et mérite une relation suivie.

Un client représentant 30 % du chiffre d’affaires combine pouvoir et intérêt élevés : il doit être surveillé de près.

Un petit fournisseur facilement substituable dispose généralement de moins de pouvoir.

Des salariés clés peuvent quant à eux posséder beaucoup plus d’influence que ne le suggère leur position formelle si leur départ met en danger un savoir-faire essentiel.

Une cartographie pertinente peut être réalisée en cinq étapes :

1. Recenser les parties prenantes.
Clients, salariés, actionnaires, fournisseurs, banques, administrations, partenaires et autres acteurs réellement liés à l’entreprise.

2. Identifier leurs attentes.
Une banque recherche la solvabilité ; un salarié peut privilégier la stabilité et les perspectives ; l’actionnaire s’intéresse notamment à la création de valeur.

3. Mesurer leur influence.
Quel acteur peut réellement modifier les résultats, bloquer une décision ou créer une difficulté opérationnelle ?

4. Évaluer la dépendance.
L’entreprise peut-elle remplacer rapidement cette partie prenante ?

5. Définir le niveau d’engagement.
Certaines parties prenantes nécessitent un reporting régulier ou une implication dans les décisions ; d’autres peuvent simplement être suivies.

Une cartographie ne doit pas rester figée.

L’importance d’un stakeholder évolue avec la stratégie de l’entreprise. Une banque peut devenir beaucoup plus influente après une acquisition financée par dette. Un fournisseur secondaire peut devenir critique après l’arrêt d’un concurrent. Un investisseur minoritaire peut prendre davantage de poids lors d’une nouvelle levée de fonds.

Le meilleur indicateur n’est donc pas uniquement la position actuelle de chaque stakeholder, mais également ce qui se passerait si la relation se dégradait demain.

FAQ sur les stakeholders

Un actionnaire est-il toujours un stakeholder ?

Oui. Un actionnaire est une partie prenante puisqu’il possède un intérêt financier direct dans l’entreprise. En revanche, tous les stakeholders ne sont pas actionnaires.

Un client est-il un stakeholder ?

Oui. Un client est une partie prenante externe puisque ses décisions influencent le chiffre d’affaires et que la qualité des produits ou services de l’entreprise affecte directement sa propre expérience.

Quels sont les stakeholders les plus importants d’une entreprise ?

Cela dépend du modèle économique. Les parties prenantes les plus importantes sont généralement celles qui combinent fort pouvoir d’influence, forte dépendance de l’entreprise et intérêt élevé.

Comment gérer des intérêts divergents entre plusieurs stakeholders ?

L’entreprise doit identifier les attentes de chaque partie, mesurer leur influence et arbitrer selon ses objectifs de long terme. Une gouvernance claire et une communication adaptée permettent de réduire les conflits sans chercher à satisfaire toutes les parties de manière identique.

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